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The Headhunters are in the House !

Headhunters, mardi 13 mars 2007, le New Morning.


Mardi 13 mars 2007, les Chasseurs de Tête se produisent au mythique club de jazz parisien : le New Morning. Les pionniers de la jazz-fusion se reforment avec Bill Summers (perc), Mike Clark (drm), Donald Harrison (sx), TM Stevens (bass) et Jerry Z (keys), au plus grand plaisir de tous.

L'énergie exacerbée de TM Stevens, ajoutée à la rigueur de la section rythmique, à laquelle se greffe le discours incontestablement jazz (issu de la branche bop-swing, modern, voire même freejazz) du saxophoniste, sans oublier les couleurs harmonico-dissonantes de Jerry Z, constituent les atouts majeurs de la nouvelle formation. C'est dans un esprit funky que le public, un tantinet nostalgique, s'est plu à réentendre les plus grands morceaux des Headhunters ("Chameleon", "Sly"...), ainsi qu'un clin d'oeil à Sly and The Family Stone ("It's a Family Affair") et au très regretté James Brown ("Sex Machine").

Fidèle à lui-même, le déjanté TM Stevens n'a cessé d'éblouir les yeux des bassistes présents dans la salle, avec une technique, un jeu (truffé d'harmoniques, d'accords, où se mêlent walking et pur heavy slap !) et un groove sans équivoque. On note également les chaleureuses interactions de Bill Summers avec un public empressé d'entonner avec lui quelques chants africains, de battre le tempo au son de sa calebasse ou de chanter le fameux "Watermelon man". Du côté de la rythmique, les chorus de Mike Clark sont efficacement ponctués des « pêches » de Bill Summers, auxquelles s'enchaînent des mises en place parfaitement synchronisées, et vice versa. Donald Harrison, quant à lui, nous a offert une véritable démonstration du saxophone alto jazz, dérapant dans des chorus aux sonorités très modernes, voire free. Enfin, Jerry Z a su débrider sans concession ses claviers, au rythmes jazzy funky des ses acolytes. Remarqué par Mike Clark, le claviériste (à la base organiste) commence sérieusement à faire parler de lui. Son jeu fluide déverse dans nos oreilles des rafales de gammes très jazz, des touches de couleurs à la fois modales et dissonantes, ainsi que de subtiles ponctuations rythmiques indispensables au groove du quintet.

Après un concert de plus de deux heures, les Headhunters laissent derrière eux une salle surchauffée et un souvenir inoubliable gravé dans chacun de nos esprits. En bref : une formation d'exception pour un concert d'exception !

Juliette Boisnel.
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