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NADA SURF

NADA SURF
Lucky
(City Slang)

Sans laisser de marbre, les derniers opus de Nada Surf ne poussaient certes pas non plus l'auditeur à la jubilation. Ce "Lucky" stoppe une période basique en élevant le niveau aussi haut que possible. Pas le volume sonore mais bien l'aspect artistique, qui ne sort pas des sentiers pop battus mais joue sur la sensibilité, l'émotion, la beauté, le bonheur… Que de bonnes sensations. Nada Surf conserve ses facultés vocales et retrouve ses instincts mélodiques d'autrefois. « See these bones » ouvre de la plus belle des manières qui soit. C'est beau à pleurer ! Les très Teenage Fan Club(iens) « Whose authority » et « Beautiful beat » enchaînent de manière tout aussi délicieuse. Le gang de Brooklyn affiche un album complet, mature, aux références (affirmées ?) telles que le REM des débuts ou le Teenage de toujours. De la mélodie et des arrangements à l'ancienne mais du haut de gamme quand même. Quelle chance. Bastien Cantillon

www.myspace.com/nadasurf

JACK PENATE

JACK PENATE
Matinée
(XL/Naïve)

Le rock eighties à cravate et guitares serait-il déjà en passe de retourner au placard ? Ce premier album de Jack Penate (prononcé péniaté) le laisse entendre ! Pourtant, Monsieur Jack emprunte clairement aux années 80, notamment à la fraîcheur mélodique des Housemartins, au déhanchement désarticulé de Costello et même à la bouille mélancolique de Lloyd Cole (quoique que cette similitude soit naturelle) mais ne se laisse pas prendre au jeu des rythmiques post-punk ou des synthés redevenus primordiaux. « Matinée » s'impose comme un vrai rayon de soleil au milieu du rock formaté du moment. Jack Penate joue simple et chante juste. Et merveilleusement bien. Il n'invente certes rien mais met en avant des qualités indéniables de mélodiste. Le beau gosse fait du single à la pelle. « Spit at stars », « Torn on the platform », « Second , minute or hour », etc., affichent une ligne mélodique parfaite et un sourire grand comme çà. Souvent énergique, parfois ténébreux, décoiffant et agile, brillant et sensible… cet album brise les carcans de la mode actuelle et pourrait finalement lancer celle de demain. C'est tout ce qu'on espère tant les onze chansons du disque respirent le bonheur et la générosité. Bastien Cantillon

www.myspace.com/jackpenate

THE GO!TEAM

THE GO!TEAM
Proof of youth
(MI/Cooperative Music/V2)

Mais qu'allait donc pouvoir pondre le groupe le plus intéressant du circuit – depuis au moins une dizaine d'années – pour donner suite à « Thunder, Lightning, Strike » arrivé comme un boulet de canon il y a trois ans. La réponse s'appelle « Proof of youth » et dépasse les espérances. Là où certains attendaient du changement, les Go!Team conservent la même frénésie, la même facilité à faire des singles énormes, la même saturation contrôlée… Toujours cette production lo-fi, toutefois plus travaillée, en toile de fond et ce mélange improbable de rap, de philly soul, de pop démembrée, de noisy décapante… Un vrai régal avec une multitude de titres impressionnants de force, à commencer par les deux singles « Grip like a vice » et le sublime « Doing it right ». Et que dire des popies à l'adorable naïveté « Fake ID » et « keys to the city » tout aussi accrocheurs. Les Go!Team multiplie le génial dans un festival de couleurs et de sonorités variées sans jamais se perdre dans la facilité. Même les deux instrumentaux de cette big party brillent autant par leur décalage que leur sourire. Enfin, « Titanic vandalism », en véritable rouleau compresseur et pure merveille, frôle, comme en live, le wall of sound de Phill Spector. On regrettera toutefois l'absence de « Flashlight fight » en duo avec Chuck D présent uniquement sur la version américaine de l'album. Immense. Bastien Cantillon

www.thegoteam.co.uk
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